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À la découverte du minimalisme : apprendre à vivre simplement

Par Fanny, le 15 janvier 2021, mis à jour le 28 février 2021 — 14 minutes de lecture
Minimaliste : Explication, définition et astuces pour le devenir

Avez-vous déjà entendu parler du minimalisme, ce mode de vie de plus en plus en vogue qui consiste à adopter des habitudes épurées et débarrassées du superflu ? Nous ne faisons pas référence qu’à des paramètres abstraits, mais nous incluons tous les pans de la vie. Le minimalisme invite à adopter une vie simple, en apprenant à se détacher des choses futiles qui ne font qu’encombrer l’existence. Ce faisant, l’on peut alors se concentrer pleinement sur les choses auxquelles l’on tient vraiment, se trouver du temps pour soi et pour ses proches et rester focalisé sur l’essentiel.

À notre époque, le consumérisme est assurément à son comble. Nous développons des réflexes de consommation qui nous poussent à toujours acquérir plus de choses, pour satisfaire de petites envies temporaires ou combler ce qu’on croit être des vides. En adoptant un mode de vie minimaliste, il sera alors possible de s’éloigner du superflu, pour ne se concentrer que sur le nécessaire, et créer autour de soi un environnement moins encombré. Avant éventuellement de vous lancer, vous voudrez sans doute savoir ce qu’implique vraiment cette notion et ce qu’on gagne à devenir minimaliste. Nous vous donnons ici toutes les réponses à vos interrogations, et vous présentons une démarche pas à pas pour adopter le minimalisme.

L’art d’une vie simple et heureuse, avec peu

En se fiant au Larousse en ligne, on n’obtient qu’une sobre définition du terme « minimalisme ». En l’occurrence, le dictionnaire indique que le minimalisme, par opposition au maximalisme, consiste à rechercher des solutions optimales avec le moins d’efforts et de bouleversements possible. Ainsi libellée, cette définition semble quelque peu vague, ce qui laisse libre cours à toutes sortes d’interprétations. Lorsqu’on parle d’une vie minimaliste, on ne parle pas seulement de concepts abstraits, mais bien d’actes posés sur notre quotidien, à commencer par le premier d’entre eux : la réduction de la consommation.

Pour adopter des habitudes minimalistes, il faut donc être en mesure de moins “consommer”. Et cette capacité à réduire sa consommation doit concerner tous les domaines du quotidien : le travail, les loisirs, les relations, les objets possédés, etc. Bien sûr, il est aisé d’étaler ainsi la théorie et les exigences d’une vie minimaliste. Dans les faits toutefois, il peut être quelque peu compliqué de mettre en œuvre cette pratique, de vider ses tiroirs et meubles, de tout ranger autour de soi pour ne conserver que ce dont on a vraiment besoin. En effet, nous sommes à l’ère de l’ultra-consommation, avec non seulement une certaine pression sociale, la pression du paraître qui veut parfois que l’on arbore des possessions pour montrer son statut, mais également les retentissantes sirènes de la publicité qui ne cessent de nous pousser à acheter ceci ou cela.

Il sera donc primordial de pouvoir se tenir à l’écart de ces éléments tentateurs en vue de commencer à agir, à consommer pour soi et ses besoins réels. Ainsi, l’on n’achète plus tel objet ou tel autre parce que la société considère qu’il le faut ou parce qu’on a une envie subite, on ne l’achète que si l’on en a vraiment besoin. En reportant cette tendance sur ses relations, ses loisirs ou encore ses occupations professionnelles, l’on ne maintient dans sa vie que ce qu’il faut pour soi.

Une fois les fioritures éliminées, on se sent plus léger tout en disposant du nécessaire. Et c’est ça, le vrai sens du bonheur, de l’existence épanouie qu’offre le minimalisme : se satisfaire du nécessaire, parvenir à être heureux avec peu.

D'où vient le minimalisme ?
D’où vient le minimalisme ?

Quelle est l’origine du minimalisme ?

L’origine du minimalisme est loin d’être claire. Pour les uns, cette philosophie consistant à se construire un quotidien heureux avec le moins de choses possible serait importée du Japon et ferait même pleinement partie de la culture japonaise. Par ailleurs, l’un des plus grands défenseurs et ardents partisans de la philosophie minimaliste est Fumio Sasaki, qui a écrit l’ouvrage L’essentiel et rien d’autre : la voie du minimaliste pour retrouver sa liberté d’être. Son cas pourrait d’ailleurs en inspirer plus d’un, puisqu’il a choisi de s’installer dans un appartement qui ne contient que le strict minimum, sans meubles inutiles ou décorations superflues. En parallèle, il fait don à la Croix-Rouge de l’argent supplémentaire qu’il gagne chaque mois.

Pour les autres, c’est tout simplement le courant artistique appelé Minimalisme qui aurait inspiré au fil des années l’adoption d’un mode de vie plus simple. Courant d’art contemporain ayant vu le jour aux États-Unis dans les années 1960, l’art minimaliste s’appuie notamment la maxime « Less is more » (littéralement, « le moins vaut plus ») de l’architecte américain d’origine allemande Ludwig Mies van der Rohe. Selon cette maxime, une œuvre s’améliore à mesure que l’on en soustrait des éléments jusqu’à trouver le parfait équilibre. Et c’est justement l’idée que défend la philosophie de vie minimaliste, réduire ce qui nous entoure pour mieux vivre.

Enfin, on pourrait aussi dire que l’adoption du minimalisme aujourd’hui n’est qu’un retour logique à l’existence simple et dénudée qui prédominait il y a longtemps, et dans laquelle chacun savait puiser son bonheur. Dans les années 1950 – 1960, quand la télévision, Internet et les petits accessoires de toutes sortes n’avaient pas encore envahi notre quotidien, les moments avec ses proches étaient légion. Avec un simple jeu de cartes, toute la famille pouvait s’amuser durant des heures et de bien des manières. Sans avoir 1 000 jouets, les enfants parvenaient tout de même à se distraire simplement avec leur imagination et ce que la nature leur offrait. Les dimanches, on se rendait visite entre amis. Et le bonheur était quand même présent dans beaucoup de cœurs, parce que chacun se contentait de l’essentiel !

Laquelle de ces origines est la plus proche de la réalité ? Difficile à dire. Mais peu importe, n’est-ce pas ? Le principal élément à retenir est qu’on retrouve dans chaque interprétation une vision du véritable sens du bonheur, que l’on peut construire en ne possédant que l’essentiel, en ne faisant que l’essentiel, en ne pensant qu’à l’essentiel.

Que gagne-t-on à devenir minimaliste ?

Se débarrasser du superflu ne revient pas à “perdre” quelque chose. Au contraire, la philosophie minimaliste et le mode de vie qu’elle propose ont beaucoup à nous apporter.

Faire de la place pour les choses importantes et être plus libre

Quand on est petit, on reçoit plein de cadeaux qu’on conserve souvent en grandissant et auxquels viennent s’ajouter les cadeaux qu’on se fait à soi-même. À côté de tous ces objets, il y a également les habits que l’on ne porte plus, mais dont on a du mal à se débarrasser, les chaussures qui prennent la poussière ou encore les vieux gadgets auxquels on est émotionnellement attachée.

En réalité, tous ces objets n’apportent pas vraiment de valeur à notre existence. Tout au plus nous permettent-ils de nous sentir bien quelques minutes quand on les voit. En vidant armoires, tiroirs et autres meubles de tout ce qui s’y trouve d’inutile, on s’offre les moyens de créer de l’espace. Non seulement cet espace servira à accueillir les objets vraiment utiles, mais il contribuera aussi à une meilleure circulation de l’air chez soi. Vous respirerez mieux dans votre maison !

De plus, en s’attachant à ces objets, on crée une dépendance. Naît alors une sorte de peur de « perdre tous ses trucs », qui nous emprisonne. Voilà pourquoi il faut prendre du recul vis-à-vis de cet attachement à des objets pas si indispensables que ça. Ce faisant, on se libère de la cupidité, du stress, etc.

Se concentrer sur soi, consacrer du temps à ce qui compte vraiment

Pour beaucoup de personnes, il est devenu quasiment impossible de s’asseoir tranquillement dans son jardin pour profiter du ciel bleu, de se détendre dans un siège pour s’accorder quelques heures de lecture, de vivre les joies simples d’un repas en famille, etc. Même pour une consultation de routine chez le médecin, on dégage difficilement un créneau. Ainsi, nous avons de moins en moins le temps pour ceci ou cela. Mais il convient de se demander si l’on utilise vraiment son temps comme il faut.

Avez-vous vraiment besoin de suivre la télévision pendant des heures, en vous gavant au passage de pubs qui vous incitent à des achats peu pertinents ? Avez-vous besoin de consulter votre fil d’actualité Facebook ou vos notifications Instagram toutes les 30 minutes ? Le minimalisme vous invite à mettre fin à ces petites actions du quotidien qui dévorent du temps que vous auriez pu consacrer à votre bien-être.

En éliminant de votre quotidien ces activités futiles, vous libérez du temps pour vous, pour les loisirs que vous choisirez, pour prendre soin de vous, de votre santé et de votre bien-être. De même, vous libérez du temps pour profiter de la présence de vos proches.

Avoir l’esprit plus tranquille et être plus heureuse

Vous serez sans doute d’accord avec nous concernant ce qui suit : quand la chambre est encombrée et désorganisée, on n’est pas vraiment tranquille et on stresse. Or, cette désorganisation finit inévitablement pas se produire quand vous avez plus d’objets qu’il n’en faut. Vous avez beau tout ranger, vous aurez vite fait de mettre à nouveau la pagaille pour retrouver tel objet ou tel autre dont vous avez besoin en urgence. Alors, le cycle recommence : vous vous retrouvez stressée en voyant tout ce désordre qu’il faudra quand même (encore) ranger ! Le problème est le même quand vous n’organisez pas votre temps pour en supprimer les activités inutiles : vous vous retrouvez acculée et vous stressez.

En choisissant de devenir minimaliste, vous vous débarrasserez petit à petit des objets et des occupations qui ne servent à rien. Par conséquent, un important facteur de stress sera supprimé ! Vous aurez l’esprit plus tranquille, vous pourrez profiter de votre espace épuré, de votre planning allégé, pour être vraiment heureuse. Mais alors, comment adopter le minimalisme dans son quotidien ?

Devenir minimaliste
Comment devenir minimaliste ?

Devenir minimaliste et adopter la simplicité en 6 étapes

Adopter un mode de vie plus simple et focalisé sur l’essentiel ne se fait pas en quelques secondes. Il faut procéder par grandes étapes.

1/ Faire le bilan de sa vie actuelle et de son attachement aux objets

La première phase pour réussir à intégrer le minimalisme à son quotidien consiste généralement à faire un bilan / prendre conscience de l’état d’encombrement de sa vie. Vous devez vous demander quel type de consommatrice vous êtes et quelle place occupent vos objets dans votre quotidien, qu’il s’agisse des cadeaux reçus ou des articles achetés soi-même.

En faisant cette analyse, vous réaliserez rapidement que vous êtes dépendante d’objets qui, dans les faits, n’apportent rien de plus à votre vie, si ce n’est une brève et illusoire sensation de satisfaction. Ce bilan est également valable pour les activités qui vous prennent du temps.

2/ Une observation minutieuse de l’intérieur de sa maison

Alors que les années passent et que vous accumulez, vous remplissez votre maison (grenier si vous en avez, armoires, étagères, etc.) de toutes sortes d’objets. Au besoin, vous achetez même de nouveaux dispositifs ou équipements de stockage (cartons, coffres, etc.), pour continuer d’accumuler sans forcément avoir tout le bazar sous les yeux tous les jours.

Au moment de passer au minimalisme, vous devrez bien observer l’intérieur de chez vous et faire le tri entre ce qui est essentiel et tout ce dont vous pouvez vous débarrasser ! Faites de même pour vos occupations ou pour les tâches qui vous prennent du temps. Observez vos journées et identifiez les activités chronophages qui ne vous apportent rien de concret.

3/ Lecture de livres ou d’articles sur le minimalisme

Une fois que vous aurez réalisé à quel point votre maison est encombrée, vous pourriez avoir du mal à mettre de l’ordre et à faire du tri. Vous aurez sans doute quelques idées pour vous y essayer vous-même, mais les résultats attendus pourraient peiner à pointer le bout de leur nez. Et si vous en parlez dans votre entourage, vous vous sentirez probablement seule ou incomprise.

Voilà pourquoi vous devez recourir à des livres de référence sur le sujet du minimalisme. L’art de la simplicité de Dominique Loreau est notamment l’une des meilleures ressources sur le minimalisme. Le livre de Fumio Sasaki évoqué plus haut serait également une bonne lecture, de même que La magie du rangement de Marie Kondo, ou encore Le bonheur est dans le peu, de Francine Jay.

Lisez aussi des blogs spécialisés, c’est tout aussi intéressant et vous n’aurez pas besoin de vous encombrer de livres, un bon point pour devenir minimaliste.

4/ Le passage à l’action

Une fois que vous faites le bilan du niveau d’encombrement de votre vie et que vous vous renseignez sur les pratiques minimalistes, il est temps de passer à l’action ! Cela commence par une phase de questionnement, qui vous permettra de simplifier votre vie sans avoir à jeter pour jeter. Procédez pas à pas. Portez-vous vraiment tous vos habits ? Utilisez-vous vraiment ce gadget acheté en promotion il y a 6 mois ? Vos vieux cahiers d’école vous apportent-ils encore quelque chose ? Les 2 heures par jour passées à parcourir votre journal Facebook apportent-elles vraiment de la valeur à votre existence ? Grâce à ces questions, vous pourrez déterminer ce qu’il faut éliminer et ce qu’il faut conserver.

Vous pouvez par exemple organiser un vide-grenier, faire don d’objets inutilisés à une fondation, offrir vos vieux jouets à des enfants qui sauront en profiter, etc.

minimalisme c'est quoi

5/ La révision de ses habitudes de consommation

L’adoption d’un mode de vie minimaliste implique de revoir vos habitudes de consommation. Car s’il faut vider, pour remplir à nouveau au bout de 6 mois, ça ne sert à rien. Réduisez donc la fréquence à laquelle vous faites du shopping ou allez au supermarché. Aucune loi ne vous impose de faire un tour dans une grande surface chaque week-end ! Évitez aussi de vous exposer aux publicités. Trop se laisser tenter n’a jamais fait de bien à personne, vous pourriez rechuter.

6/ La bonne gestion des rechutes

Justement, l’éventualité d’une rechute n’est pas à écarter. S’il vous arrive de rechuter, soyez tolérante envers vous-même et ne vous accablez pas inutilement. Le but du minimalisme n’est pas de vous rendre trop pointilleuse ou de vous mettre sur le qui-vive par rapport au moindre achat compulsif ou imprévu, mais de vous amener à avoir un quotidien plus allégé de façon naturelle.

Pour corriger le tir en cas de rechute, prenez juste le temps de vous questionner à nouveau et de vous rappeler pourquoi vous avez choisi de devenir minimaliste :

  • libérer votre esprit,
  • vous donner plus de temps,
  • avoir plus d’espace autour de vous,
  • bénéficier d’une vie plus tranquille,
  • profiter des petits plaisirs simples,
  • vous concentrer sur l’essentiel.

Étape bonus : partagez le bonheur du minimalisme autour de vous

Vous avez découvert les joies du minimalisme ? Avec un planning dans lequel vous vous accordez désormais du temps et une maison débarrassée de tous ces objets inutiles, vous vous êtes rendu compte que vivre simplement est peut-être la plus belle façon de cultiver le bonheur. Dans ce cas, il serait intéressant de partager autour de vous les avantages que vous a apportés l’adoption d’habitudes minimalistes.

Amenez vos proches à expérimenter les joies du “vivre simplement”. Alors, peut-être que grâce à vous, l’art du minimalisme continuera de gagner du terrain et que chacun apprendra à prioriser l’essentiel et à se contenter de peu pour être heureux !